dimanche 23 août 2009

Hagiographie d'un putschiste



« Au moins, c’est un vrai journaliste qui vient d’être élu à la tête de notre syndicat ! » Ce commentaire spontané recueilli par Leaders samedi soir à l’issue des élections du nouveau bureau du Syndicat National des Journalistes Tunisiens est significatif. Jamel Karmaoui qui conduira le bureau élu est incontestablement issu des rédactions avec dans les veines un sang d’encre. Footballeur talentueux du Stade Tunisien, durant sa prime jeunesse, il n’en est pas moins doté d’une plume très douée.

Ses premières armes, il les a faites, fin des années 70, aux côtés de Slaheddine El Amri, dans l’hebdomdaire Al Bayane. L’organe de l’UTICA inaugurait alors un style novateur et accrocheur que perpétuera pendant plus de 25 ans, Hédi Béhi, enregistrant des pics de tirage de plus de 130 000 exemplaires. Comme les stars du foot, Jamel est débauché par Néjib Azzouz, qui voulait transformer son hebdomadaire « Les Annonces », dédié aux annonces, en un grand tabloid populaire. Avec Abdelhamid Riahi, Karmaoui formera une bonne équipe et développera un nouveau concept journalistique vendeur qui sera peaufiné plus tard par le duo Jeridi et Hadhri.

Jamel Karmaoui exercera son talent à Essahafa, Al-Horria et la Revue de l’ERTT, irriguant chaque publication d’idées novatrices, encadrant les jeunes journalistes, motivant les équipes et gratifiant les lecteurs de billets savoureux, articles de fond et commentaires avisés.

Journaliste dans l’âme, il est de tous les combats professionnels, défendant une ligne très claire : détecter les jeunes doués, performer les compétences et hisser la profession aux plus hauts niveaux de qualité, de respectabilité et d’indépendance. Evidemment, conditions de travail, rémunération, éthique et clause de conscience sont essentielles.

Une plateforme de ralliement de toute la profession

C’est d’ailleurs autour de cette plateforme que se sont ralliés les centaines de journalistes professionnels soucieux de rendre à leur noble profession son éclat. Les enjeux réels s’expriment en termes de qualifications professionnelles, avec notamment l’ancrage des TIC et la profusion des médias et des contenus. Ils s’entendent aussi en organisation et conditions de travail dans les rédactions, modes de fonctionnement, concertation, modalités de rémunération et de motivation, accès aux sources d’information et indépendance. Bref, du vrai journalisme, dans la passion de son engouement et la noblesse de sa mission.

La part du politique est certes indissociable de ce métier. Mais, sans jamais le dominer, voire de raboter tout le reste. Métier d’indépendance, le journalisme, est plus que jamais, aujourd'hui, métier de compétence, d’intelligence, d’intégrité et d’éthique. Ce sont les bons journalistes qui font les bons médias, offrent au public les éléments indispensables aux différents aspects de sa sociabilité et lui permettent surtout, au-delà de s’informer et de se divertir, de se faire son opinion sur tout ce qui se passe autour de lui et tout ce qui le concerne.

Les patrons de presse en première ligne de soutien

C’est ce message profond qui a été porté par les centaines de journalistes tunisiens réunis samedi en congrès syndical à El Menzah VI. Leurs élus doivent s’atteler à le mettre en œuvre et tous les efforts doivent concourir pour leurs y apporter soutien. Dans cette œuvre, la contribution des patrons de presse est déterminante : plus et mieux est indispensable. Des salles de rédaction modernes et bien équipées, des outils de travail disponibles, un management rédactionnel incitatif et des rémunérations conséquentes. Dans un journal, c’est le contenu rédactionnel qui compte le plus, ce sont les journalistes qui constituent le capital le plus précieux et ce sont, en fin de compte, les lecteurs à reconquérir chaque jour par l’intelligence, le talent et l’innovation.



Source:
www.leaders.com.tn/article.php?aid=1078



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